Ce projet constitue au plan national l’une des premières initiatives d’IFR centrée sur les disciplines de SHES. Bien évidemment, cet IFR tout en permettant d’affirmer les recherches appliquées à la santé et relevant de ces disciplines poursuivra et approfondira les collaborations engagées avec les disciplines biomédicales et de santé publique, notamment au travers de la poursuite des collaborations avec l’IFR 57 de Cancérologie de Marseille (Institut Paoli-Calmettes et Faculté des sciences de Luminy), l’IFR de Physiopathologie Humaine (hôpital de la Timone) qui vient de se constituer et qui compte en son sein plusieurs laboratoires de la Faculté de Médecine relevant des disciplines de santé publique, et l’IFR 11 de Biologie des Interactions Cellulaires (Institut Jean Roche, Hôpital Nord de Marseille).
Nos objectifs sont les suivants :
1 - Fédérer des unités de recherche relevant de différents partenaires institutionnels autour d’une stratégie scientifique commune pour le développement des recherches en SHES appliquées à la santé.
Les expériences antérieures (il existait par exemple antérieurement une Mission Economie & Santé dans le cadre de l’Université de la Méditerranée) ont montré qu’une structuration en réseau, même formalisée, ne permet pas d’atteindre une visibilité suffisante et surtout de garantir suffisamment, sur le moyen terme, une dynamique d’activités communes. L’IFR permet de doter la région d’un pôle structuré dans le domaine des SHES de la santé qui pourra servir de référence :
d’une part en direction de la communauté scientifique internationale des disciplines des SHES, (en particulier, s’il existe déjà une assez bonne, quoiqu’ encore insuffisante, reconnaissance internationale des travaux menés sur Aix-Marseille par les instances spécialisées en SHES appliquées à la Santé - International Health Economics Association, Société Européennne de Psychologie de la Santé, Action Concerté Européenne en Psycho-Oncologie, etc., des progrès importants doivent et peuvent être obtenus en matière de visibilité par les disciplines généralistes de SHES et de projets européens) ;
d’autre part aux initiatives nationales, actuellement en projet, notamment à l’initiative des Ministères de la Recherche et de la Santé et de l’INSERM, en matière de structuration de la recherche en santé autour de pôles régionaux.
2. Elaborer et mettre en œuvre une politique scientifique fondée sur une cohérence et une synergie entre les unités de recherche.
Plusieurs axes transversaux, sans épuiser la richesse des multiples travaux effectués par les laboratoires impliqués, permettraient de structurer les échanges et collaborations scientifiques interdisciplinaires dans le cadre de l’IFR. Certains de ces axes donnent déjà lieu à des collaborations, d’autres pourront rapidement émerger grâce à la constitution même de l’IFR. Dans tous les cas, l’IFR devrait faciliter le transfert vers des applications à la santé des méthodologies et concepts nouveaux forgés par les sciences humaines, économiques et sociales dans leurs développements les plus récents. Cette capacité de transfert rapide des SHES “généralistes” vers la santé constituera un “avantage comparatif” important au plan de la compétition scientifique internationale, les SHES santé se caractérisant par un certain “isolement” et parfois un retard par rapport aux avancées de leurs disciplines de référence. En même temps, la proximité de plusieurs des composantes de l’IFR avec la recherche biomédicale et en santé constituera également un atout, les SHES se caractérisant souvent, dans les pays anglo-saxons, par un fort éloignement des domaines biomédicaux et une difficulté d’accès aux informations et recherches de pointe dans ces secteurs. L’originalité de ce projet est qu’il permettra une meilleure structuration spécifique des SHES dans leurs applications au domaine de la santé, tout en évitant que ceci se traduise par un isolement (type “tour d’ivoire”) de la réalité d’ensemble de la recherche biomédicale, en particulier au travers des coopérations inter - IFRs mentionnés ci-dessus.
(La problématique de ces six axes transversaux est détaillée dans la rubrique axe de recherche)
3) Renforcer la visibilité de l’activité de recherche en SHES de la santé sur Aix-Marseille, et le développement de sa valorisation en direction des partenaires du système et de la politique de santé.
De nombreux exemples attestent de retombées significatives des travaux menés par des équipes de l’IFR sur l’aide à la décision publique en matière de politiques de santé (brevets sur les gènes BRCA1 de susceptibilité de cancer du sein et de l’ovaire, dépistage de l’hépatite C dans les dons de sang, prix différentiels pour les médicaments du VIH/SIDA dans les pays du Sud, prévention materno-fœtale du VIH dans les PED et allaitement maternel, politiques de lutte contre les toxicomanies, réforme de la médecine générale de ville, systèmes de tarification hospitalière, impact de l’Initiative de Bamako pour l’introduction du recouvrement des coûts dans les systèmes publics de santé africains, etc.). Des liens privilégiés existent déjà avec des institutions comme la DRESS, la MIRE, la MILT, l’ANRS, le Ministère de l’Environnement et celui de la Santé, les différentes Agences sanitaires (INVS, INPES, AFSA, etc). Ces relations ne se restreignent pas au secteur public mais concernent également les entreprises du secteur biomédical, les cliniques privées et les organisations de l’assurance-maladie (URCAM, ARH) et professionnelles de la médecine (URML, etc). Là encore, l’IFR permettra de constituer une référence commune pour cet ensemble de partenaires.
L’IFR augmente la visibilité des fréquentes opérations internationales (colloques, congrès, participation à des projets européens, participation à des groupes d’experts) qui sont déjà mises en œuvre (et souvent de façon déjà conjointe) par les équipes concernées. Le site de l’îlot Bernard Dubois sera conçu pour favoriser l’accueil de chercheurs étrangers en SHES qui s’intéressent en nombre croissant à des coopérations avec les équipes de l’IFR dans le champ santé. Il permettra notamment d’intéresser à des sujets santé des chercheurs compétents dans d’autres domaines (exemples : application à la santé de la théorie des options réelles et des approches du risque financier, prise en compte des aspects santé en économie du développement ou en anthropologie des sociétés africaines, interactions entre sociologie de la famille et de la santé, etc.).
4) Favoriser l’animation scientifique et la formation.
Il existe déjà une expérience d’offre de formation en partie coordonnée entre les équipes concernées (IUP d’Ingéniérie de la Santé commun à l’UFR de Médecine et à celui d’Economie de l’Université de la Méditerranée, DEA Méthodes d’Analyse des systèmes de Santé, intégration de modules de SHES dans plusieurs DEAs de sciences de la vie, intégration de modules santé dans plusieurs DEA de SHES “ généralistes ” de l’EHESS et des Universités de Provence et de la Méditerranée). En relation avec les projets de Mastères, l’IFR facilite la coordination des synergies entre ces différents enseignements et favorise la mise en commun d’expertise et d’animation (séminaires communs transversaux à plusieurs mastères).
Plusieurs expériences de “co-direction” de thèse, avec un suivi commun par un enseignant-chercheur ou un directeur de recherche spécialisé en santé et un collègue “ généraliste ” en SHES ont été menées, avec succès si l’on en juge par le devenir des doctorants concernés, en économie et psychologie sociale.
5) Permettre une utilisation optimale des moyens intellectuels et matériels pour développer des projets scientifiques fédérateurs.
Il existe un certain nombre de projets concrets “structurants” pour lesquels l’IFR permet des économies d’échelle dans l’utilisation des moyens. On peut citer par exemple :
la grande enquête décennale sur la santé et la consommation de soins avec l’INSEE pour laquelle un suréchantillon régional a été financé et dont l’analyse impliquera plusieurs équipes de l’IFR
l’analyse du panel d’activité en médecine libérale de ville mis en œuvre en collaboration entre l’ORS-PACA et l’Union Régionale des Médecins Libéraux (URML)
les projets d’évaluation des programmes d’accès aux ARVs dans les PED
le projet de Réseau Européen d’ Excellence ENAP (European Network on Anthropology of Pharmaceuticals) coordonné par le LEHA
la possibilité d’analyser en commun les enquêtes transversales répétées du Baromètre Santé de l’Institut National de la Prévention et de l’Education pour la Santé dont le Pr JP Moatti préside le Conseil scientifique.
la réponse commune à des appels d’offres (MIRE, environnement/santé, etc).
6) Etablir des relations avec le tissu environnant et s’impliquer dans le développement de partenariat social et économique.
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